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Villes et développement durable, notre vision pour 2015 dans le cadre ISO37101


L’allongement de la durée de vie, la raréfaction des ressources induisent de développer de nouvelles approches tant au niveau des services urbains avec des demandes sociales variées (demandes individuelles d’espaces privés et de lieux communs) que des exigences en matière d'habitat. Des approches ont été développées et il est souvent difficile d’en percevoir le sens, pour des professionnels. Aujourd'hui, il s’agit de dépasser le débat technique pour mettre en perspective les grandes tendances mondiales (urbanisation, densification, dépendance des transports, émergence d’un tissu local dense) et les différentes approches pour les résoudre.


Le tableau de bord d'une collectivité est fondamental car il doit permettre d’identifier quelles sont les contributions réelles et efficaces à chaque niveau. Outil de mesure, il permet de mettre en perspective les actions quotidiennes avec les exigences à court, moyen et long terme du développement durable. La prise en compte de la multi culturalité, qui ne se réduit pas à fondre dans un ensemble uniforme des richesses d’origines diverses doit permettre de donner un sens plus global aux approches qui s’appuient sur des textes applicables pour tous les pays. Les indicateurs et les synthèses doivent pouvoir s’adapter à des visions culturelles diverses en étant autant d’outils de négociation que de partage.


La définition des finalités pour la prise en compte du développement durable et de la résilience des communautés dans les différentes thématiques qui construisent la ville, impose de pouvoir mettre en place, développer, vérifier et améliorer des outils de pilotage tant stratégiques qu’opérationnels. Il s’agit de doter chaque échelon de contribution (le chef de projet, le directeur de projet, le directeur des services, les élus, les administrations centrales), d’outils de mesure de la performance, à chaque niveau permettant d’obtenir les trois niveaux d’indicateurs de performances, les indicateurs de contexte, les indicateurs de management et les indicateurs opérationnels.


Afin de mettre en place une stratégie de développement durable et résilient pour une ville il faut pouvoir s’appuyer sur des objectifs, des plans d’actions, des lignes de force. Deux visions s’opposent :

- Une vision faisant table rase du passé et qui suppose de reconstruire la ville sur la base d’utopies souvent peu partagées,

- Une vision qui ajoute des éléments transversaux, novateurs à des actions qui fondent le bien-être social.


Dans cette seconde perspective, il est indispensable d’identifier au niveau de chaque acteur, de chaque entité les contributions réelles et potentielles au développement durable et à la résilience. Cela suppose non seulement des indicateurs du développement durable (660 en France selon le CSTB, 1500 selon la Banque Mondiale) mais surtout une capacité à en faire des synthèses représentatives de la contribution au développement durable et à la résilience du projet, du quartier, de la ville, de la communauté.


Dans le cadre de l'élaboration de la norme ISO 37101 (votée à l'écrasante majorité par les organismes de normalisation IS0), les collectivités doivent aujourd'hui se poser la question de comment construire les éléments qualificatifs et quantitatifs qui représentent le projet de ville, le système, les différents sous-ensembles afin d’obtenir à chaque niveau des éléments de mesure, de pilotage et de performance, dans un contexte multiculturel et international.


A l’instar des indicateurs environnementaux, les indicateurs de développement durable sont tout à la fois extrêmement nombreux et insuffisants pour permettre une synthèse scientifique globale et satisfaisante. La question de la contribution réelle d’une action au développement durable et à la prise en compte de la résilience de la communauté ne conduit souvent qu’à des réponses non satisfaisantes. La spécialisation ne facilite pas la vision transversale, multiculturelle dans une vision à long terme des conséquences des actions conduites le plus souvent avec de bonnes intentions mais sans vision globale. Les exigences relatives à la résilience qui montent en puissance, imposent d’avoir une vision plus globale, précise et scientifique des approches. Il s’agit de répondre par des actions tout à la fois efficaces et pérennes.


Jean HETZEL


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